• Docteur Nancie Attia

Le test HPV, plus efficace que le frottis ?

La Haute Autorité de Santé préconise l’utilisation du test HPV pour les femmes à partir de trente ans, plus efficace que celui utilisé actuellement pour détecter les risques de cancer du col de l’utérus.

15014060/Sven Bähren - stock.adobe.com

Dans son dernier avis, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande d’utiliser «en première intention» un test viral pour le dépistage du cancer du col de l’utérus chez les femmes de plus de 30 ans, «plus efficace» que l’examen cellulaire actuellement pratiqué.


La HAS maintient sa recommandation d’un dépistage chez toutes les femmes de 25 à 65 ans qu’elles soient vaccinées ou non, mais en fait évoluer les modalités pour les femmes de plus de 30 ans. «Chez ces dernières, le test HPV remplace l’examen cytologique en première intention», explique-t-elle. L’infection aux papillomavirus humain (HPV) est une infection sexuellement transmissible très fréquente qui disparaît le plus souvent spontanément. «Mais chez une petite proportion de femmes, le papillomavirus persiste. S’il s’agit d’un HPV dit à haut risque, il peut évoluer en cancer», rappelle la HAS.


Les deux examens se font à partir d’un prélèvement au niveau du col de l’utérus (frottis). Mais, à la différence de l’examen cytologique, qui s’intéresse à la morphologie des cellules, le test HPV cherche la présence d’ADN du virus HPV à haut risque chez les femmes. «Ce test offre plusieurs avantages» précise le docteur Joseph Monsango gynécologue-obstétricien, spécialiste de la prise en charge des pathologies associées aux papillomavirus : «il permet d’améliorer la performance du dépistage, car il augmente la détection des lésions précancéreuses de 30% par rapport au système actuel. Et les lésions étant détectées plus précocement, cela permet de faire baisser l’incidence du cancer invasif du col de 60% à 70%» précise encore le médecin. Enfin, «le test HPV permettra d’envisager l’auto-prélèvement, qui est démontré comme améliorant la couverture pour les femmes qui ne se font pas dépister».


De plus, en cas de test négatif, le recours au test HPV permet d’allonger l’intervalle entre deux dépistages - passant de tous les 3 ans à tous les 5 ans après 30 ans. «Quand le test HPV est négatif, on a la quasi-certitude que des lésions ne vont pas se développer dans les 5 à 10 ans» précise encore le spécialiste.


«En revanche, avant 30 ans, ce test HPV n’est pas recommandé car les infections à HPV transitoires sont très fréquentes chez les femmes jeunes. Leur détection exposerait de fait à des traitements inappropriés, augmentant ainsi les risques de complications lors de grossesses ultérieures», ajoute la HAS.


Chaque année en France, 1100 femmes meurent de ce cancer et 3200 nouveaux cas sont diagnostiqués. Selon l’association «1000 femmes, 1000 vies», qui milite pour l’utilisation du test viral, un quart à un tiers des femmes qui développent un cancer invasif du col, ont réalisé un dépistage régulier par frottis qui était normal.


Soline Roy - Le Figaro Santé, 11/07/2019