• Docteur Nancie Attia

Le lait maternel au microscope

L’Assemblée Générale de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande un allaitement maternel exclusif pendant les 6 premiers mois de la vie du nourrisson, et préconise la poursuite de l’allaitement jusqu’à l’âge de 2 ans, voire au delà. 

La raison de cette directive tient à la composition du lait maternel et à ses bienfaits reconnus. “Les recherches scientifiques prouvent l’indéniable supériorité de l’allaitement maternel”, affirme le Professeur William Dab, Directeur Général de la Santé. “Malgré l’amélioration de la qualité des “laits” infantiles, la composition nutritionnelle et l’apport en substances biologiques du lait maternel ne peuvent être reproduits.”  


Un élixir aux propriétés inégalables

Une publication du Comité de Nutrition de la Société Française de Pédiatrie (CNSFP) nous en dit plus à ce sujet. Le but de ce document est de relever les données scientifiques les plus récentes sur la relation allaitement et santé. Ainsi, durant les trois premiers jours de l'allaitement, expliquent les experts, le lait de femme, alors appelé colostrum, a une composition différente du lait mature. Moins riche en lipides et en lactose, il a une densité énergétique plus faible. En revanche, il est plus riche en cellules immuno-compétentes, en oligosaccharides, et en protéines. Tous ces éléments contribuent à protéger le nouveau-né, particulièrement vulnérable aux infections.  


Capacité d’adaptation du lait maternel

La valeur énergétique du lait de femme varie en effet en fonction de l'heure de la tétée, et au cours même de la tétée : il s'enrichit, notamment en graisses. De la même façon, le lait des femmes qui accouchent prématurément est différent : plus riche en acides gras polyinsaturés, il répond aux besoins plus élevés des prématurés pour la maturation cérébrale. “Aucun autre lait que le lait d’une mère ne peut s’adapter de façon permanente aux besoins du nourrisson en croissance.” - Professeur William Dab.


La teneur en protéines du lait de femme, comprise entre 8 et 12 g/L, est nettement inférieure à celle des autres mammifères. Elle correspond toutefois exactement aux besoins du nourrisson en raison d'une excellente absorption et d'une parfaite adéquation du profil de ses acides aminés. Enfin, un pourcentage élevé de protéines (60 %) sont dites “protéines solubles”. Ce taux élevé et les micelles de caséine de petite taille expliquent la coagulation plus fine du lait de femme dans l'estomac du nourrisson, contribuant à une vidange gastrique plus rapide.


Si la teneur en lipides (35 g/L en moyenne) est proche de celle du lait de vache, la digestibilité et le coefficient d'absorption des graisses du lait de femme sont très supérieurs. Le lait de femme est riche en cholestérol alors que le lait de vache en contient peu. Or le cholestérol occupe un rôle important dans la structure des membranes, comme précurseur hormonal et dans le développement cérébral. Le lait de femme contient des hormones, des facteurs de croissance, des cytokines, des cellules immunocompétentes, etc., et possède de nombreuses propriétés biologiques qui lui sont propres.


Le choix d’allaiter

Allaiter ou non est un choix personnel qui appartient à chaque mère. Pour être en mesure d’effectuer ce choix, la femme doit toutefois être informée comme il se doit et avoir conscience des particularités et des bienfaits de l’allaitement. Pour toute question à ce sujet, n’hésitez pas à interroger votre gynécologue durant l’ensemble du suivi de votre grossesse. Le rôle d’un spécialiste de la santé est également de vous informer et de vous orienter de la meilleure façon possible.  


Source : Allaitement maternel : les bénéfices pour la santé de l’enfant et de sa mère, Comité de Nutrition de la Société Française de Pédiatrie, Août 2019