• Docteur Nancie Attia

Hommage au baiser !

Il peut transformer un crapaud en Prince, guérir un bobo au genou et véhiculer tant d’émotions au quotidien… Le baiser, et toute la magie qui l’entoure, méritait bien qu’une journée lui soit personnellement dédiée ! Le mois de juillet fait honneur au Baiser ! La Journée internationale qui lui est consacrée, le 6 du mois, est l’occasion de nous pencher sur cette pratique incontournable.


Vous pouvez embrasser la mariée

Le baiser scelle symboliquement l’amour des couples. Cet échange n’est pourtant pas seulement un acte romantique, lorsqu’on l’examine sous un angle nouveau. D’après les résultats d’une étude menée par des scientifiques hollandais, et publiés dans le journal Microbiome, le baiser romantique permettrait tout d’abord de stimuler le système immunitaire. Et pour cause : on estime à plus de 50 millions le nombre de bactéries échangées lors d’un baiser langoureux ! Ce qui permettrait aux couples de diversifier leurs flores bactériennes. Le baiser rejoint ainsi les rangs des combattants contre les infections et allergies diverses. 


Vivre d’amour et d’eau fraiche

Une autre particularité du baiser est qu’il stimule la production d’endorphine ou hormone du bonheur qui procure une sensation de bien-être voire d'euphorie et la production d’ocytocine, hormone de l’amour, de la confiance et du lien conjugal. Ce neuropeptide est connu pour agir sur les muscles de l’utérus et des glandes mammaires et être libéré particulièrement lors de l’accouchement afin de faciliter le travail et stimuler le processus d’allaitement. L’ocytocine pourrait également être impliqué dans différents comportements tels que l’empathie, le bien-être, etc. Des qualités à l’origine de son surnom d’hormone du plaisir. Le baiser activerait donc directement les mécanismes physiologiques du bien-être dans notre corps.


Et le bisou ?

Diverses études complémentaires prouveraient quant à elles que le simple bisou sur la joue, et tous ses dérivés distribués généreusement dès la naissance, permettrait de tisser des liens affectueux et de renforcer complicité et sentiment d’attachement entre deux personnes. La conclusion avancée est simple : on ne s’embrasse pas parce que l’on s’apprécie ; mais on en vient à s’apprécier parce que l’on s’embrasse ! Et ce dans des cercles plus ou moins éloignés, notamment familiaux.

La maladie du baiser, chez les petits et grands 

Les baisers peuvent-ils toutefois être à l’origine de mauvaises surprises ? La maladie du baiser en est la plus célèbre illustration. Transmise essentiellement par la salive, la mononucléose infectieuse, de son vrai nom, appartient à la famille des herpes virus.

La maladie du baiser est très répandue : plus de 80 % des adultes seraient porteurs du virus Epstein-Barr (EBV), et 20 à 30 % seraient excréteurs asymptomatiques, c’est-à-dire susceptibles de contaminer à leur tour car capables de produire du virus dans leur salive. A savoir : plus de la moitié des contaminations auraient eu lieu avant l’âge de 5 ans.


Parmi les symptômes les plus fréquents, on cite la fièvre qui monte progressivement au fil des jours ; une fatigue inaccoutumée, une perte d'appétit, des amygdales inflammatoires et l’apparition de ganglions localisés principalement au niveau du cou.

Il suffit généralement de quelques jours, jusqu’à 2 semaines, pour que les symptômes régressent et viennent à disparaître. Une fatigue importante peut toutefois se prolonger sur plusieurs semaines.


En prévention

Il convient de suivre les règles d’hygiène les plus communes, et de les inculquer aux plus jeunes : se laver régulièrement les mains ; se couvrir la bouche lors de quintes de toux ou d’éternuement, avoir une brosse à dent personnelle, ne pas boire dans le verre ou la bouteille de son camarade d’école, aérer son habitation quotidiennement.


Attention, ne pas confondre

Il ne faut pas confondre la mononucléose EBV dont nous venons de parler avec la mononucléose CMV due au cytomegalovirus, appartenant lui aussi à cette même famille des virus de l’herpès. En effet, le CMV est dangereux pour la femme enceinte pouvant causer de graves malformations dans le développement du bébé. C’est pourquoi, il est bon, avant de mettre en route une grossesse, de consulter votre gynécologue et de vérifier par une simple prise de sang que la future maman n’est pas porteuse active de ce virus CMV.